Sommaire
- Pourquoi WhatsApp ne convient-il pas toujours aux associations ?
- Selon quels critères votre association doit-elle choisir une alternative à WhatsApp ?
- Messageries classiques avec une meilleure protection des données
- Messageries pour une communication de groupe plus claire
- Astuces pour réussir la transition au sein de votre association
- Conclusion
Pourquoi WhatsApp ne convient-il pas toujours aux associations ?

WhatsApp est la messagerie la plus connue au monde, et la plupart des gens ont aujourd’hui l’application sur leur smartphone. C’est sans doute la raison pour laquelle un certain nombre d’associations utilisent (officieusement) WhatsApp pour leur communication interne.
La plupart des adhérents utilisent déjà WhatsApp à titre privé, et un nouveau groupe WhatsApp est vite créé. Mais est-ce vraiment aussi simple que ça ?
WhatsApp est depuis longtemps critiqué dès qu’il est question de protection des données.
Ne serait-ce qu’en raison de son appartenance au groupe Facebook. Quiconque utilise WhatsApp autorise l’application à consulter les coordonnées de son carnet d’adresses et à les envoyer, avec les numéros de téléphone, aux serveurs de WhatsApp pour vérification.
Or, ces contacts n’ont presque jamais donné leur accord préalable à ce transfert, ce qui serait pourtant nécessaire du point de vue de la protection des données. C’est pourquoi il vaut mieux renoncer à WhatsApp comme outil officiel de communication au sein de l’association.
Un usage privé toléré, par exemple entre quelques adhérents, pose en revanche moins de problèmes, tant que WhatsApp n’est pas utilisé comme média officiel de l’association et que les annonces importantes passent par un autre canal.
Mais dans quelle mesure WhatsApp se prête-t-il réellement à la communication associative ? Les groupes se créent très vite et ne nécessitent quasiment aucune explication. Mais dès que le groupe grossit, et que 20, 50 voire plus de 100 adhérents s’y trouvent, la communication peut vite devenir confuse.
Quand on échange beaucoup dans le groupe, certains finissent agacés, car le contenu d’un fil de discussion est rarement pertinent pour tout le monde. D’autres n’osent même pas écrire, car tout le monde n’a pas envie d’adresser son message à plus de 150 personnes d’un coup.
Et si l’on veut écrire à un seul adhérent du groupe, même WhatsApp, pourtant si simple d’ordinaire, devient une affaire compliquée.
Selon quels critères votre association doit-elle choisir une alternative à WhatsApp ?

Votre association doit d’abord savoir clairement ce qu’elle attend d’une alternative à WhatsApp. S’agit-il avant tout de protection des données, ou souhaitez-vous aussi rendre la communication de groupe plus lisible ? Il peut être utile de dresser une liste « indispensable » et une liste « appréciable ».
À quoi votre association ne peut-elle pas renoncer ? Quels éléments seraient agréables, sans être pour autant une condition incontournable ?
Une fois cette liste établie, il est judicieux de tester les alternatives potentielles avec quelques adhérents afin de trouver celle qui convient le mieux à votre association. Élargir progressivement le cercle d’utilisateurs, en précisant qu’il s’agit d’une phase de test, suscite généralement plus d’adhésion que si le bureau impose tout simplement, « par ordre du mufti », l’usage d’une application à tout le monde.
Messageries classiques avec une meilleure protection des données
Signal

Signal est gratuit et mise sur le chiffrement de bout en bout. L’application n’effectue aucun pistage et vous offre une plateforme sans publicité. Pour l’utiliser, vous devez, comme avec WhatsApp, indiquer un numéro de téléphone.
Si vous devez restaurer votre compte, un code PIN est en plus nécessaire, de sorte que des tiers ont moins de chances d’y accéder. Comme avec WhatsApp, vous pouvez passer des appels audio et vidéo et partager des documents, des images, des positions et des contacts dans des conversations individuelles ou de groupe.
Dans les réglages, chaque utilisateur peut personnaliser ses paramètres de confidentialité.
Comme Signal est par ailleurs presque identique à WhatsApp en termes de fonctionnalités, il reste une alternative plutôt peu lisible dès que votre association compte plus de quelques adhérents.
Threema

Threema vient de Suisse et coûte environ 6 € (6 CHF) en un paiement unique — contre 3,99 € en 2022.
Contrairement à WhatsApp ou Signal, aucun numéro de téléphone n’est exigé, mais il peut être associé en cas de besoin. L’application mise elle aussi sur le chiffrement de bout en bout, et les appels audio et vidéo y sont également possibles. Documents, positions et images/vidéos peuvent être partagés.
Vous pouvez en outre réaliser des votes et des sondages avec Threema.
Les conversations privées peuvent par ailleurs être protégées en plus, par exemple par un code PIN. Les organisations à but non lucratif peuvent aussi utiliser Threema Work et bénéficient de 30 % de réduction.
Threema est lui aussi similaire à WhatsApp et Signal dans son fonctionnement. Là encore, vous devez faire des concessions sur la lisibilité dès que vous communiquez avec beaucoup de monde. De plus, les groupes sont limités à 256 participants.
Telegram

Telegram est une application de messagerie gratuite qui mise sur le chiffrement serveur-client.
Si vous avez besoin d’un chiffrement de bout en bout, vous l’obtenez dans les conversations secrètes. Dans ces conversations secrètes, vous pouvez activer un mode d’autodestruction qui efface le message de tous les appareils après un certain délai.
Là aussi, les appels audio et vidéo sont possibles, et vous pouvez envoyer documents, images, positions, contacts, ainsi que des GIF et des stickers.
Sur Telegram non plus, vous ne rencontrerez pas de publicité. De plus, votre numéro de téléphone n’est pas visible par tout le monde.
Telegram propose ce que l’on appelle des canaux, c’est-à-dire des groupes publics dans lesquels on peut diffuser des informations au plus grand nombre. Il n’est pas non plus nécessaire d’indiquer un nom de famille, et les messages peuvent être modifiés après envoi.
Viber

Viber est gratuit, mais ne vous offre pas, contrairement aux messageries citées plus haut, une alternative sans publicité.
Les appels audio et vidéo sont possibles.
Viber utilise lui aussi le chiffrement de bout en bout. Les messages sont toujours supprimables et peuvent aussi être configurés en messages autodestructeurs.
Dans certaines conversations, vous pouvez masquer votre numéro. Vous pouvez également rejoindre des groupes publics. Il existe aussi une conversation dédiée à vos propres notes, que vous pouvez aussi organiser sous forme de listes.
Par ailleurs, des appels téléphoniques « classiques » sont également possibles, mais ils sont bien sûr payants. Viber propose en outre une boutique de stickers, dans laquelle vous pouvez télécharger de nouveaux stickers gratuitement ou contre paiement.
| Signal | Threema | Telegram | Viber | |
|---|---|---|---|---|
| Disponibilité | Android, iOS | Android, iOS, AppGallery | Android, iOS | Android, iOS |
| Coût | gratuit | ~6 € (6 CHF) par utilisateur (unique) | gratuit | gratuit |
| Appels audio & vidéo | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Conversations individuelles & de groupe | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Envoi de documents, images, position, etc. | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Utilisation sur ordinateur | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Numéro de téléphone requis | ✓ | ✓ | ✓ | |
| Type de chiffrement | De bout en bout | De bout en bout | Serveur-client, « conversations secrètes de bout en bout » | De bout en bout |
| Conforme au RGPD | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
Messageries pour une communication de groupe plus claire
Bitrix24

Bitrix24 s’adresse aux entreprises et propose en conséquence des fonctionnalités spécifiques, comme un CRM ou des analyses.
Bitrix24 propose des conversations individuelles et de groupe, des visioconférences, la répartition des tâches, un calendrier, et permet de gérer les collaborateurs. Les fichiers peuvent en outre être organisés dans différents dossiers et des sondages peuvent être réalisés.
Bitrix24 peut s’utiliser gratuitement de façon limitée ; ceux qui ont besoin de plus de fonctionnalités ou, par exemple, de stockage, peuvent passer à une formule payante (tarif à partir de 49 €/mois). Les formules payantes peuvent aussi être d’abord testées gratuitement pendant 30 jours.
Bitrix24 est conforme au RGPD.
Klubraum

Klubraum vous permet non seulement de lancer des conversations individuelles et de groupe par thème, mais propose aussi un calendrier.
Vous pouvez créer des événements (par exemple avec le lieu de la manifestation et une liste d’attente en cas de nombre de participants limité) et organiser du covoiturage.
Documents, images, vidéos et positions peuvent être partagés, et des messages vocaux peuvent être envoyés.
Il existe en parallèle une version web, au cas où certains utilisateurs ne possèdent pas de smartphone.
Klubraum est utilisable gratuitement et conforme au RGPD.
Pour utiliser Klubraum, aucun numéro de téléphone n’est nécessaire : l’invitation se fait par adresse e-mail.
Slack

Slack est surtout utilisé en entreprise.
Là aussi, vous pouvez lancer des conversations individuelles et de groupe, et créer en plus des canaux pour des thèmes généraux.
Les appels audio et vidéo sont également possibles. Les fichiers peuvent être partagés entre tous, et des outils, par exemple Google Drive, peuvent être reliés à Slack.
Slack peut s’utiliser gratuitement de façon limitée ; la formule Pro est disponible à partir de 6,25 €/mois/utilisateur actif (à partir du 1er septembre 2022, à partir de 6,75 €). Les organisations à but non lucratif bénéficient d’une réduction sur les versions premium.
Selon ses propres déclarations, Slack est conforme à la protection des données. Toutefois, tous les services américains sont actuellement problématiques du point de vue de la protection des données.*
Teams

Microsoft Teams est lui aussi conçu pour les entreprises, mais peut tout aussi bien être utilisé par de grands groupes.
Avec Teams, vous pouvez discuter, téléphoner et collaborer. Vous pouvez en plus organiser des réunions.
Teams peut être utilisé avec la suite Office. Teams peut s’utiliser gratuitement de façon limitée ; la formule Basic Business est disponible à partir de 4,20 €/utilisateur/mois.
Microsoft indique que l’application peut être utilisée dans le respect de la protection des données. Toutefois, comme pour Slack, tous les services américains sont actuellement problématiques du point de vue de la protection des données.*
| Bitrix24 | Klubraum | Slack | Teams | |
|---|---|---|---|---|
| Disponibilité | Android, iOS, ordinateur | Android, iOS, version web | Android, iOS, ordinateur | Android, iOS, ordinateur |
| Coût | Fonctions de base gratuites, premium à partir de 49 €/mois | gratuit | Fonctions de base gratuites, version Standard à partir de 6,25 €/mois/utilisateur | Fonctions de base gratuites, Business à partir de 4,20 €/mois/utilisateur |
| Appels audio & vidéo | ✓ | ✓ | ✓ | |
| Conversations individuelles & de groupe | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Envoi de documents, images, positions, etc. | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Calendrier | ✓ | ✓ | ||
| Conforme au RGPD | ✓ | ✓ | à vérifier au cas par cas | à vérifier au cas par cas |
Astuces pour réussir la transition au sein de votre association

Impliquer les adhérents
Il peut être très utile d’associer vos adhérents au processus de sélection dès le départ. Un petit groupe peut aider à tester les différentes messageries, afin de parvenir ensemble à une décision.
La transparence
Vos adhérents doivent comprendre précisément pourquoi vous voulez utiliser une autre application que WhatsApp. Communiquez ouvertement sur ce qui ne va pas avec la messagerie actuelle, ou sur les raisons pour lesquelles elle ne doit plus être utilisée. Vos adhérents se montreront plus compréhensifs s’ils saisissent les motifs du changement.
Chercher le dialogue
S’il y a des adhérents qui refusent catégoriquement d’utiliser une autre messagerie, le plus sensé est de leur parler et de clarifier individuellement où se situe exactement le problème. Refusent-ils par principe, ou ne savent-ils pas comment effectuer la transition ?
Apporter de l’aide
Il y aura peut-être des adhérents qui étaient déjà exclus des messageries auparavant, faute de smartphone. Il faut alors vérifier si les nouvelles alternatives disposent d’une version web, afin que chaque adhérent puisse désormais participer.
Il y aura sûrement aussi des adhérents qui auront besoin d’échanger au début, parce qu’ils ne comprennent pas la nouvelle messagerie ou rencontrent des difficultés lors de la transition. Soyez à leur écoute et essayez de leur faciliter au maximum la transition, par exemple grâce à une personne référente dans l’association qui sait bien expliquer la messagerie et configurer l’application pour eux.
La transition elle-même
Votre association a deux possibilités pour organiser le passage à la nouvelle messagerie. Soit toute la communication bascule du jour au lendemain vers l’alternative choisie et plus aucun message n’est envoyé dans le groupe WhatsApp, soit les deux fonctionnent en parallèle au début, de sorte que tous les adhérents, y compris ceux qui n’ont pas encore changé, reçoivent malgré tout tous les messages.
Conclusion
Qui cherche une alternative à WhatsApp a l’embarras du choix. Avant tout, votre association doit savoir clairement quelles exigences elle place dans une messagerie alternative. Doit-elle être « simplement » une version de WhatsApp plus respectueuse de la vie privée, ou bien une messagerie qui en fait davantage ?
Quel que soit votre choix, nous espérons que cet article a pu vous aider dans votre recherche d’une alternative à WhatsApp.
*En 2020, le Privacy Shield, un accord de protection des données entre l’UE et les États-Unis, a été invalidé.