Sommaire
- Où votre association peut-elle tenir une assemblée générale en ligne ?
- Jitsi Meet
- Zoom
- MS Teams
- BigBlueButton hébergé en France
- Livestorm
- Comment choisir la date de l’assemblée générale en ligne ?
- Framadate
- Doodle
- Google Forms
- Comment votre association organise-t-elle des votes en ligne ?
- Belenios
- AssoConnect
- Voxaly
- Balotilo
- V8te
- Que dit la loi ? Le cadre juridique de l’AG en ligne en France
- 6 points que votre association doit garder à l’esprit pour une assemblée générale en ligne
- Avantages et inconvénients
- Avantages
- Inconvénients
- Conclusion
Mise à jour de juin 2026 : cet article a été actualisé pour recommander des outils réellement utilisés par les associations en France et pour refléter le cadre juridique en vigueur après l’expiration des dérogations liées à la crise sanitaire.
Pendant la crise sanitaire, de nombreuses associations ont découvert qu’il était tout à fait possible de tenir leur assemblée générale en ligne. Cette pratique s’est largement répandue et, même une fois la situation revenue à la normale, les réunions en ligne présentent de nombreux avantages et restent utilisées par un grand nombre d’associations.
Attention toutefois : aujourd’hui, tenir une AG à distance ou organiser un vote électronique n’est possible que si vos statuts le prévoient (voir notre section Que dit la loi ? plus bas). Si c’est le cas, voici un tour d’horizon des solutions adaptées aux associations françaises :
Où votre association peut-elle tenir une assemblée générale en ligne ?

Jitsi Meet
Jitsi Meet est un outil open source qui ne nécessite le téléchargement d’aucun logiciel particulier. Une nouvelle visioconférence peut être lancée gratuitement et sans inscription : les participants reçoivent une URL, puis rejoignent facilement la conférence. Si besoin, un mot de passe peut également être défini.
Comme Jitsi Meet fonctionne sans création de compte, aucune donnée personnelle n’est collectée. Pour une association française soucieuse de l’hébergement de ses données, il existe aussi l’instance Framatalk, proposée par l’association Framasoft et hébergée en France : c’est la même technologie Jitsi, gratuite et open source, sur une infrastructure française.
Zoom
Zoom est un outil de visioconférence qui permet de tenir gratuitement une réunion jusqu’à 40 minutes avec un maximum de 100 participants. Pour disposer de plus de temps ou de participants, il faut passer à une formule payante.
Zoom propose également, entre autres, la possibilité de définir des mots de passe et de créer des salles d’attente. Zoom est souvent critiqué pour sa protection des données jugée insuffisante : si vous voulez être tranquille de ce côté, mieux vaut vous pencher de plus près sur le sujet.
MS Teams
MS Teams fait partie de la suite Office de Microsoft.
Vous pouvez ici bénéficier gratuitement de 60 minutes avec 100 participants. S’y ajoutent 5 Go de stockage dans le cloud. Avant d’utiliser MS Teams, renseignez-vous également sur la conformité de l’application au RGPD.
BigBlueButton hébergé en France
BigBlueButton est un logiciel de visioconférence open source pensé pour les réunions structurées : modération, gestion de la prise de parole, partage d’écran et surtout sondages intégrés, très pratiques pour une assemblée générale. Plutôt que d’installer le logiciel vous-même, vous pouvez passer par un hébergeur français : plusieurs prestataires proposent des instances BigBlueButton sur l’infrastructure de Scaleway, opérateur cloud français, ce qui garantit un hébergement des données en France et une bonne conformité au RGPD.
Le tarif dépend de l’offre et de l’hébergeur retenus (généralement un abonnement mensuel selon le nombre de participants) ; renseignez-vous directement auprès du prestataire pour le détail.
Livestorm
Livestorm est un éditeur français spécialisé dans les webinaires et les réunions en ligne. La plateforme se distingue par ses outils d’animation : questions-réponses, sondages en direct et engagement des participants, particulièrement utiles pour une assemblée générale un peu formelle.
Livestorm propose une offre gratuite limitée (notamment en durée et en nombre de participants), puis des formules payantes pour les besoins plus importants. Vérifiez le détail des plans sur leur site, car les conditions de l’offre gratuite évoluent.
Important : toutes les informations nécessaires doivent être communiquées à l’avance à l’ensemble des adhérents : quels outils seront utilisés ? Comment se connecter ? Comment l’événement va-t-il se dérouler de manière générale ? Toutes les questions de vos adhérents doivent être réglées en amont pour éviter toute confusion le jour J.
N’oubliez pas de réfléchir, par exemple, à la manière dont vous souhaitez mener les discussions. Les adhérents seront-ils connectés en vidéo ? Y a-t-il un chat en direct, régulièrement intégré à la discussion ? Qui anime la réunion et veille à ce que chaque adhérent se sente écouté ? Le droit de parole et le droit à l’information s’appliquent aussi, entre autres, aux réunions en ligne.
Comment choisir la date de l’assemblée générale en ligne ?

Le mieux, bien sûr, est de vous appuyer sur votre expérience. Si jusqu’à présent votre association a toujours tenu ses assemblées générales le mercredi à 19 h, cela ne devrait pas trop changer en ligne.
Il est important qu’un maximum d’adhérents soient disponibles, car selon les statuts, une certaine proportion d’adhérents doit parfois être présente lors d’une assemblée pour que les décisions soient valables (quorum). Comme il n’y a plus de trajet à faire pour une réunion en ligne, cela peut même s’avérer plus simple.
Si une nouvelle date doit néanmoins être trouvée, votre association peut laisser ses adhérents voter eux-mêmes pour un créneau qui leur convient. Ainsi, chacun se sent impliqué dans la décision et vous vous assurez que les adhérents seront réellement disponibles.
La liste suivante présente quelques outils de sondage qui vous aident à organiser facilement et de façon ordonnée le choix d’une date :
Framadate
Framadate est l’équivalent francophone et libre de Doodle. Proposé par l’association Framasoft et hébergé en France, il permet de créer gratuitement, et sans inscription, un sondage pour trouver la meilleure date ou recueillir un avis.
C’est une solution idéale pour une association : gratuite, sans publicité, respectueuse des données et entièrement en français. Pour tout vote à bulletin secret (et non un simple choix de date), il faudra en revanche se tourner vers un outil de vote dédié comme Belenios (voir plus bas).
Doodle
Doodle reste sans doute l’outil le plus connu pour les sondages de date en ligne.
Votre association peut créer des sondages gratuitement et sans inscription. Si vous voulez utiliser des fonctions comme les rappels automatiques, il faudra passer à une formule payante. Comme Doodle a souvent été critiqué pour le manque de protection des données, mieux vaut vérifier vous-même si votre formule est conforme au RGPD.
Google Forms
Google propose lui aussi un outil de sondage : Google Forms. Là encore, vérifiez la protection des données. En règle générale, il faut utiliser un compte professionnel pour les services Google afin d’en garantir une utilisation conforme au RGPD.
De manière générale, gardez à l’esprit ceci : depuis que la Cour de justice de l’Union européenne a invalidé l’accord « Privacy Shield » UE–États-Unis en 2020, le recours à des services américains demeure une question délicate.
Si vous reprenez une date déjà connue, un outil de vote reste tout de même pratique. Votre association peut par exemple s’en servir pour faire confirmer une date déjà fixée. Vous voyez ainsi directement combien d’adhérents se désistent et pouvez, le cas échéant, chercher une nouvelle date.
Comment votre association organise-t-elle des votes en ligne ?

Ce ne sont pas seulement les choix de date qui nécessitent des votes. Les élections, bien connues de tous, peuvent elles aussi avoir lieu en ligne, à condition de respecter les règles légales applicables aux élections.
Les avantages d’un vote en ligne sont évidents : chacun peut voter d’où il le souhaite, il lui suffit d’avoir accès à un appareil connecté à Internet.
De plus, la participation peut augmenter, car les adhérents absents peuvent plus facilement prendre part au vote. Et il n’est plus nécessaire de dépouiller les bulletins, puisque la plupart des outils fournissent les résultats en temps réel.
Belenios
Belenios est la référence française pour le vote électronique des associations. Développé par le CNRS et l’Inria, c’est un système de vote à bulletin secret vérifiable : chaque votant peut s’assurer que son bulletin a bien été pris en compte, et n’importe qui peut vérifier le résultat. L’outil est open source et l’instance officielle est hébergée en France.
Point fort majeur pour les associations : l’utilisation de l’instance hébergée est gratuite, pour des scrutins allant jusqu’à 2 500 votants. C’est le choix tout indiqué pour des élections de bureau ou des votes statutaires qui doivent être incontestables. Comptez en revanche un petit temps de prise en main pour la mise en place.
AssoConnect
AssoConnect est une suite de gestion d’association française qui intègre, parmi de nombreuses fonctions (adhésions, comptabilité, communication), un module de votes en assemblée générale. L’intérêt : tout est centralisé au même endroit, avec la base des adhérents déjà à jour.
C’est une solution payante, par abonnement, dont le tarif dépend de la taille de votre association (sur devis selon le nombre d’adhérents). Pertinent surtout si vous cherchez aussi un outil de gestion global.
Voxaly
Voxaly (groupe Docaposte, filiale numérique de La Poste) propose une solution de vote électronique de niveau professionnel, avec un accompagnement et des garanties de sécurité adaptés aux scrutins à fort enjeu.
C’est une offre sur devis, pensée pour les organisations qui ont besoin d’un prestataire identifié et d’un haut niveau de fiabilité. Le tarif dépend de la taille du scrutin et des prestations retenues.
Balotilo
Balotilo permet d’organiser simplement des votes par e-mail : vous importez la liste des votants, vous créez vos questions, et chacun reçoit un lien pour voter. C’est une solution pratique pour des votes simples, sans installation.
Une version de base est proposée gratuitement ; des formules payantes existent pour les besoins plus avancés. Vérifiez les conditions à jour sur leur site.
V8te
V8te est un service de vote en ligne particulièrement adapté aux élections de bureau d’association. L’interface est simple, l’entrée de gamme est gratuite ou peu coûteuse, et la mise en place rapide.
C’est une bonne option pour une petite ou moyenne association qui veut organiser un vote propre sans se lancer dans une solution lourde.
Toute falsification des résultats doit être exclue, y compris en ligne. Avant une élection qui doit se tenir en ligne, vérifiez toujours que l’outil choisi peut bien être utilisé dans le respect de l’ensemble des règles, de vos statuts et de la loi.
Que dit la loi ? Le cadre juridique de l’AG en ligne en France

C’est le point le plus important de cet article, et celui sur lequel beaucoup d’associations se trompent encore.
La loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association n’interdit pas de tenir une assemblée générale en ligne, mais elle ne l’autorise pas non plus de plein droit. Tout repose sur le principe de liberté contractuelle : ce sont les statuts de votre association (et, le cas échéant, le règlement intérieur) qui fixent les règles.
Pendant la crise sanitaire, l’ordonnance n° 2020-321 du 25 mars 2020 a permis, à titre temporaire et même en l’absence de clause statutaire, de tenir les assemblées générales à distance et de voter par voie électronique. Mais ces dérogations ont expiré : pour les assemblées générales, elles ont pris fin le 30 septembre 2021.
Depuis, on revient donc au droit commun : une association ne peut tenir son AG à distance ou organiser un vote électronique que si ses statuts (ou son règlement intérieur) le prévoient expressément. Si vos statuts sont muets sur ce point, vous devez d’abord les modifier — en principe lors d’une assemblée générale extraordinaire — pour y insérer une clause autorisant la visioconférence et/ou le vote électronique.
À retenir : avant de planifier une AG en ligne, vérifiez vos statuts. S’ils ne prévoient rien, commencez par y ajouter une clause dédiée ; vous pourrez ensuite tenir vos assemblées à distance en toute sécurité juridique. Pour aller plus loin, consultez la fiche pratique de service-public.fr.
6 points que votre association doit garder à l’esprit pour une assemblée générale en ligne
- Documentation
Ce n’est pas parce qu’un événement ou une réunion se tient en ligne qu’il ne faut pas de secrétaire de séance. Cette personne doit malgré tout prendre des notes sur toute la séance et consigner ce qui a été décidé (procès-verbal).
- Convocations
En règle générale, les convocations aux réunions sont envoyées par courrier afin de garantir leur bonne réception. Si votre association souhaite désormais les envoyer par e-mail, vérifiez ce que prévoient vos statuts.
En effet, mieux vaut s’assurer que vos statuts autorisent l’envoi des convocations par e-mail. Par ailleurs, le délai de convocation doit lui aussi être respecté pour les invitations envoyées par e-mail.
- Droits d’accès
Votre association doit en outre s’assurer que seuls les adhérents disposent d’un accès à la séance en ligne. L’idéal est d’attribuer à chaque adhérent un mot de passe pour se connecter à la séance.
- Votes dans le respect du droit de vote
Pendant les réunions en ligne aussi, il faut garantir que les votes ou les élections se déroulent dans le respect du droit de vote de chacun.
- Protection des données
Bien entendu, la protection des données doit également être prise en compte pour les événements en ligne. Votre association doit donc veiller à ce que tout se déroule dans le respect du RGPD.
- Tests
Le mieux est de toujours faire un test au préalable pour que tout se déroule sans accroc. Rien n’est plus agaçant que de constater en pleine réunion qu’il faut tout réorganiser.
Avantages et inconvénients
Avantages
Plus de trajets
Si votre assemblée générale se tient en ligne, vous n’avez pas à craindre que des adhérents arrivent en retard. Personne ne peut rester coincé dans les embouteillages. Il faut juste que le Wi-Fi fonctionne, bien sûr.
Accessible à plus d’adhérents
Fini les salles de réunion bondées et les problèmes de place avec les réunions en ligne. Chacun peut participer confortablement depuis chez lui ou en déplacement.
Aucun effort supplémentaire
Quand un moment convivial est prévu après les réunions, cela demande aussi plus d’organisation. Il faut prévoir de quoi se restaurer. Même si, d’habitude, les adhérents apportent eux-mêmes de quoi partager, cet effort disparaît en ligne.
Inconvénients
Manque d’interaction en personne
Les événements en ligne ne remplacent pas les échanges en face à face. L’interaction personnelle, qui fait tout simplement la richesse de la vie associative, fait défaut.
Une communication plus délicate
Les malentendus peuvent survenir plus vite. Les expressions du visage et la gestuelle sont difficiles à interpréter en vidéo. De plus, il est très difficile de savoir qui souhaite prendre la parole, surtout dans un grand groupe.
Une bonne connexion Internet doit aussi être garantie à tout moment. La grande majorité des adhérents disposent d’un accès à Internet chez eux, mais que se passe-t-il si la connexion de quelqu’un lâche ? Que se passe-t-il, par exemple, si la liaison avec le secrétaire de séance est coupée ?
Absence d’accès à Internet
Pour que tous les adhérents puissent participer, il faut s’assurer que chacun dispose d’un accès à Internet. Une solution doit être trouvée pour les adhérents qui n’ont ni smartphone ni ordinateur.
De nombreux fournisseurs d’outils de visioconférence offrent la possibilité de participer par téléphone, mais cela doit aussi être clarifié à l’avance.
Plus de distractions
Les adhérents peuvent se laisser distraire plus facilement pendant un événement en ligne et n’écoutent souvent que d’une oreille. Être en même temps sur son téléphone arrive fréquemment. Une attention à 100 % est plus facile à obtenir lors d’un événement en présentiel.
Tous les adhérents doivent être partants
Convaincre l’ensemble de vos adhérents d’adopter de nouvelles technologies ne sera pas chose facile. Les adhérents plus âgés, en particulier, peuvent éprouver des difficultés ou émettre des réserves au sujet des réunions en ligne.
Conclusion
La crise sanitaire nous a appris que les réunions peuvent facilement se tenir en ligne. Mais depuis l’expiration des dérogations exceptionnelles, une règle prime sur toutes les autres : une AG en ligne (et le vote électronique) n’est possible que si vos statuts le prévoient. Le premier réflexe est donc de vérifier vos statuts et, si nécessaire, d’y ajouter une clause dédiée (voir notre section Que dit la loi ?).
Une fois ce cadre posé, vous pouvez vous appuyer sur des outils pratiques — visioconférence, sondages de date, vote électronique — qui facilitent grandement la planification et le déroulement de votre assemblée, même s’il faut parfois prendre le temps de se familiariser avec certains d’entre eux.
Si vous ne souhaitez pas seulement tenir votre assemblée générale en ligne, mais aussi gérer toute la communication de votre association, jetez un œil à notre comparatif des applications pour association.